Nil
L’Égypte ne serait qu’un désert si le Nil ne la traversait, transformant ses berges en oasis luxuriantes. Il court sur plus de 6000 Km depuis le lac Victoria et l’Éthiopie et se jette dans la Méditerranée. Avant la création des barrages au sud du pays, le limon charrié par les crues fertilisait les terres et permettait tout le long de ses berges les pratiques agricoles. Une crue trop forte détruisait tout sur son passage, pas assez forte et la sécheresse s’installait, créant famine. De nombreux mythes expliquaient l’événement dont dépendait la vie du pays. Le symbolisme du Nil est lié à celui de la création du monde et du roi, avant tout, roi du sud, une terre d’une telle richesse étant forcément divine. Chaque année la force du roi devait être renouvelée. Cela se passait au moment de l’inondation qui déferlait vers le delta à la mi-juillet. Le mythe de la vie puis de la survie, était ainsi attaché au retour du flot, phénomène dont pharaon, issu des forces originelles était le garant. Sa source était donc mythique, ce n’est d’ailleurs qu’au XIXe siècle qu’on la découvrit. C’est également il y a très peu de temps qu’on soumit un petit sarcophage symbolisant le Nil des origines, conservé au musée du Louvre et que l’on avait pas pu ouvrir jusque-là, à la radiographie. À la grande surprise des chercheurs, il contenait une espèce d’anguille qui ne dépassait pas l’immense marécage du Soudd, quelques 1000 Km au sud de l’Égypte. Les anciens Égyptiens savaient donc qu’il fallait aller la chercher très loin et en tout cas certainement plus loin que là où ils s’étaient arrêtés.

